Accueil / Blog

Blog

Fiscalité, frais, ETF, protection de l'épargnant : des articles courts pour aller plus loin.

Fiscalité

Prélèvements sociaux à 18,6 % : ce qui change en 2026

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur une large partie des revenus du capital. Résultat : le taux global des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 % pour de nombreux placements, et la flat tax (PFU) grimpe mécaniquement de 30 % à 31,4 %.

Ce qui est concerné

  • Dividendes et plus-values d'un compte-titres ordinaire ;
  • gains d'un PEA au moment du retrait ;
  • intérêts des livrets fiscalisés, comptes à terme et obligations ;
  • plus-values sur crypto-actifs.

Ce qui reste à 17,2 %

  • Assurance-vie et contrats de capitalisation ;
  • revenus fonciers et plus-values immobilières ;
  • intérêts du PEL.

Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) restent, eux, totalement exonérés.

Ce que cela change en pratique

Sur un PEA de plus de 5 ans affichant 20 000 € de gains, la facture sociale passe de 3 440 € à 3 720 €, soit 280 € de plus. L'écart n'est pas énorme, mais il modifie légèrement la comparaison avec l'assurance-vie, qui devient relativement plus intéressante pour les gros encours détenus plus de 8 ans.

Cela ne remet pas en cause l'intérêt du PEA : l'exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans reste un avantage majeur. Les modalités d'application exactes pouvant faire l'objet de précisions administratives, vérifiez la situation à jour sur impots.gouv.fr.

ETF

ETF « monde » dans un PEA : comment est-ce possible ?

Le PEA est réservé aux actions européennes. Pourtant, on y trouve des ETF qui suivent le S&P 500, le Nasdaq ou l'indice MSCI World. Comment ces fonds respectent-ils la règle ?

Le principe du swap

Ces ETF utilisent une réplication synthétique. Le fonds achète un panier d'actions européennes, ce qui le rend éligible au PEA. Il signe ensuite un contrat d'échange (swap) avec une banque : il lui verse la performance de son panier européen et reçoit en retour la performance de l'indice visé, par exemple l'indice mondial.

Pour l'investisseur, le résultat est quasi identique à celui d'un fonds qui détiendrait réellement les actions américaines ou mondiales.

Les avantages

  • Accès à une diversification mondiale dans l'enveloppe fiscale la plus avantageuse ;
  • frais courants souvent bas (de l'ordre de 0,1 à 0,4 % par an) ;
  • suivi généralement très fidèle de l'indice.

Les limites

  • Risque de contrepartie : si la banque du swap faisait défaut, le fonds pourrait subir une perte. La réglementation européenne (UCITS) limite cette exposition à 10 % de l'actif.
  • Dépendance réglementaire : une évolution des règles d'éligibilité pourrait un jour remettre en cause ces fonds.
  • Une mécanique moins intuitive, qui demande de lire le DIC et le prospectus.

Avant d'acheter, vérifiez la mention « éligible PEA », l'indice suivi, les frais courants et l'encours du fonds.

Assurance-vie

Lire les frais d'un contrat d'assurance-vie en 10 minutes

Un contrat d'assurance-vie superpose deux niveaux de frais : ceux de l'assureur et ceux des fonds que vous choisissez. Pour connaître le coût réel, il faut les additionner.

1. Les frais du contrat

Ils figurent dans les conditions générales ou l'annexe tarifaire :

  • frais sur versements : de 0 % (contrats en ligne) à 5 % ;
  • frais de gestion annuels : généralement 0,5 à 1 % sur les unités de compte, parfois différents sur le fonds en euros ;
  • frais d'arbitrage : facturés quand vous changez de support ;
  • éventuels frais de gestion pilotée si vous déléguez la gestion.

2. Les frais des unités de compte

Chaque fonds a son propre DIC, qui indique ses coûts récurrents. Un ETF coûte souvent 0,1 à 0,3 % par an ; un fonds actif, 1,5 à 2,5 %.

3. Faire l'addition

Exemple : 0,6 % de frais de gestion du contrat + 1,8 % de frais du fonds = 2,4 % par an. Avec un rendement brut de 5 %, il ne reste que 2,6 % pour vous. Sur 20 ans, cet écart réduit le capital final d'environ 37 % par rapport à un placement sans frais.

Le document d'informations sur le contrat présente aussi, pour chaque option d'investissement, une estimation des coûts totaux. Utilisez-la pour comparer deux contrats sur une base commune.

PEA

Ouvrir un PEA tôt : pourquoi l'antériorité compte

L'avantage fiscal du PEA dépend de son ancienneté, pas de celle des titres qu'il contient. Le délai de 5 ans court à partir de la date du premier versement.

Prendre date

Ouvrir un PEA avec un petit montant, même sans projet immédiat, permet de faire tourner le compteur. Le jour où vous aurez davantage à investir, votre plan aura peut-être déjà passé le cap des 5 ans.

Ce qui se passe avant 5 ans

Un retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan et l'application du PFU sur les gains. La loi prévoit toutefois des exceptions, par exemple en cas de licenciement, d'invalidité, de mise à la retraite anticipée ou de création ou reprise d'entreprise.

Ce qui se passe après 5 ans

Vous pouvez effectuer des retraits partiels sans clôturer le plan, et continuer à faire des versements tant que le plafond n'est pas atteint. Les gains retirés ne supportent plus que les prélèvements sociaux.

Points de vigilance

  • Choisissez un établissement sans frais de tenue de compte ou avec des frais faibles ;
  • vérifiez le tarif des ordres, plafonné par la réglementation mais variable d'un courtier à l'autre ;
  • un seul PEA par personne : en ouvrir un second entraînerait la perte des avantages fiscaux.
Protection

Sept signaux d'une arnaque au placement

Chaque année, l'AMF ajoute des centaines de sites à ses listes noires. Les escroqueries se ressemblent souvent. Voici les signaux qui doivent vous alerter.

  1. Un rendement élevé « garanti » : un placement sans risque qui rapporte 8, 10 ou 15 % par an n'existe pas.
  2. Un démarchage non sollicité : appel, SMS, message sur les réseaux sociaux après avoir laissé vos coordonnées sur un formulaire.
  3. L'urgence : « l'offre se termine ce soir », « il ne reste que deux places ».
  4. Un interlocuteur trop amical qui vous appelle souvent, prend des nouvelles de votre famille et gagne votre confiance avant de demander davantage d'argent.
  5. Un virement vers un compte à l'étranger, souvent dans un pays différent de celui de la société affichée.
  6. Des gains impossibles à retirer, ou des « frais de déblocage » et « taxes » réclamés avant tout retrait.
  7. Une demande de prise de contrôle à distance de votre ordinateur ou de vos codes bancaires.

Vérifier en deux minutes

  • Cherchez la société dans le registre REGAFI (banques et prestataires de services d'investissement) ;
  • pour un conseiller ou un intermédiaire, consultez l'ORIAS ;
  • consultez les listes noires de l'AMF.

En cas de doute ou de fraude, contactez AMF Épargne Info Service au 01 53 45 62 00 et déposez plainte. Méfiez-vous aussi des « cabinets de récupération » qui promettent de récupérer vos fonds contre paiement : c'est souvent une seconde arnaque.